Le Transfert
L'analyse est l'expérience d'un lieu profondément ancré
dans l'imaginaire où le temps n'a pas d'importance. Le transfert
est toujours le lieu d'une tension dramatique, le désir d'investir
positivement quelque chose de l'ordre du manque ou de l'ordre du râté.
Et, ce faisant, si l'on plie et déplie ce noeud de désir,
c'est aussi l'espace de la pulsion irrépressible de liquider ce sur
qui on investit, c'est-à-dire ce sur quoi on a tellement buté.
C'est comme si l'on cherchait confusément à synthétiser
l'histoire. Et lorsque elle se ramasse tout à coup dans un brusque
surgissement d'image, c'est l'irruption du merveilleux. Le temps se resserre
libérant les émotions et les sensations et l'on fait l'expérience
d'une synthèse créatrice d'images étonnantes et familières
comme sorties des rêves. Au détour du rythme des séances,
on fusionne, défusionne. Parfois on est voyant. C'est terriblement
efficace.
Dans le cadre de l'analyse chez Monsieur Pinterovic, c'est une sorte d'imago
paternelle enfin palpée et acceptable, éminemment soulageante
qui a surgi soutenue par son visage, nécessairement doublée
de ce qu'elle a véhiculé de souffrance et de ressentiment.
Et dans sa recherche de soulagement total, l'inconscient est donc implacablement
tenté de la supprimer.
Emilie Danchin http://emiliedanchin.be/transfert.html

Méditation sur le transfert
«Comment voulez-vous
que je vous définisse le transfert en cinq minutes? Mais je peux
peut-être quand même vous dire quelque chose: Le transfert, c'est
toujours une histoire d'amour.»
(Jacques LACAN dans un entretien télévisé avec Françoise WOLF)
Ce que j'ai vu est un grand-père exemplaire et tous ses attributs
dans son bureau plein de babioles et de livres. Son sourire bienveillant,
la barbe blanche, tiré à quatre épingles, pantalon,
chemise et gilet impeccable, sa chevalière, son inconditionnel accueil,
une tendresse infinie. Un personnage souriant et câlin. Un vieux monsieur
adorable éminemment intuitif proche des oiseaux. Un magnifique papy
que jamais je ne voulais perdre.
Le temps oeuvrant, j'ai décidé
de lui donner sa place dans mon bestiaire imaginaire comptant sur sa souplesse
extraordinaire dans les relations aux êtres et leur inconscient. Je
me suis donc adressée à l'homme et à quelques uns de
ses patients et proches qui ont bien voulu se soumettre au dialogue inconscient...
Je suis peut-être un peu dans le même malaise que Lacan au moment où
Françoise Wolf lui a posé cette question piège. Comment voulez-vous que
je vous définisse le transfert en quelques lignes, aurais-je, comme
lui, tendance à dire.
Il est devenu fameux l'échange entre Freud
et Jung sur cette question au cours de leur première entrevue, lorsqu'à
la question de Freud: «Et que pensez-vous du transfert?» - Jung répond:
«C'est l'alpha et l'oméga de la méthode analytique.» Et Freud de
clôturer par: «Alors vous avez compris l'essentiel.» Nonobstant cette
prise de position, que Jung assume presque quarante ans après, il
exprime aussi souvent sa réticence et sa gêne vis-à-vis de ce
phénomène. Il dit ainsi que le transfert n'est jamais un avantage et
qu'on guérit malgré le transfert, non à cause de lui. Bref, si je puis
m'en passer dans une analyse, quelle chance, dit-il quelque part. Je
pense néanmoins que cette apparente contradiction logique de Jung
vis-à-vis du phénomène du transfert ne tient pas tant à la déjà
proverbiale qualité «oppositionnelle» ou «conjonctionnelle» de la
pensée de Jung elle-même (l'un et l'autre et non l'un ou l'autre), qu'à
la profonde ambiguïté du phénomène du transfert lui-même.
S'il
est vrai ce que Freud nous a enseigné, à savoir que le transfert est la
reproduction symbolique par projection de nos attitudes enfantines
vis-à-vis des figures (imagines!) parentales – ce que Jung n'a jamais
contesté d'ailleurs, mais y a ajouté la dimension de l'inconscient
collectif – il est évident que l'ambiguïté transférentielle relève de
l'ambiguïté fondamentale de la relation enfant-parent et vice-versa.
Bref, quand on est papa ou maman, même «symbolique», on est aimé et haï
en même temps. C'est très pénible à supporter pour qui que ce soit,
même pour un Jung!
Ceci dit, je pense que ce qu'on nomme le
transfert en jargon psychanalytique est en fait un phénomène tout à
fait naturel qui intervient aussi bien dans l'amour (coup de foudre!)
que dans l'amitié, et même dans les relations professionnelles (le
patron mauvais ou bon père!). Il est en effet impossible, je pense,
d'entrer en relation avec une autre personne sans projeter sur elle une
image qui vient de l'inconscient, et ce qui fait, évidemment, que nous
distinguons cette personne des autres. La différence, c'est que le
propre de l'attitude analytique consiste à situer cette projection
naturelle dans l'espace symbolique – le théâtre symbolique, comme
disait Heinrich Karl Fierz –, de la considérer donc métaphoriquement et
non littéralement. Disons que le patient est convaincu qu'il aime son
analyste, alors qu'en fait - si tout va bien - il se met à aimer sa
propre âme à travers son analyste. Si l'analyste se trompe d'objet à ce
moment – s'il se croit aimé pour lui-même – la porte est ouverte à
toutes les aberrations, érotiques notamment, et dont l'inflation n'est
pas la moindre (se prendre pour le sauveur, le grand guérisseur, etc.).
Ce n'est pas la dimension érotique (amoureuse) qui se constelle tant de
fois dans la relation transférentielle qui est nocive en soi, mais le
fait, comme l'a pertinemment fait remarquer James Hillman, que
l'analyste la littéralise et donc, régulièrement, succombe, passe à
l'acte, comme on dit dans notre jargon.
Il en va de même
d'ailleurs avec la relation analytique elle-même. À mon avis (basé
notamment sur plus d'un quart de siècle d'expérience, mais aussi sur
les analyses pertinentes d'un Adolf Guggenbühl-Craig), rien ne la
distingue fondamentalement d'une autre relation humaine, sauf une chose
très importante. Alors que les autres relations humaines ont pour but
la relation elle-même, la relation analytique a pour but autre chose:
l'amélioration de l'état mental du patient, son sentiment de bien-être
et que sais-je encore; la relation analytique est donc plutôt un moyen.
Mais en dehors de cela, elle reste une relation essentiellement
humaine. C'est dans ce sens que mon expérience m'a confirmé à chaque
fois, dans l'immense majorité des cas, que les patients viennent
chercher en fait un être humain avant de chercher un «technicien de
l'amour du prochain», comme disait Wolfgang Schmidbauer dans son
pamphlet Les aidants en détresse; la compétence, le savoir, le
savoir-faire, les méthodes et les techniques, les patients ne les
déprécient pas, mais tout cela ne sert à rien si cela ne s'inscrit pas
dans une attitude humaine.
Au cours d'un séminaire (Tavistock
Lectures, 1935), en réponse à un étudiant qui posait la question du
bien-fondé du divan, Jung répondit non sans quelque dérision: «Je place
mes patients en face de moi et je leur parle comme un homme naturel
parle à un autre; je m'expose complètement et je réagis sans réserve.
(…) Si je suis assis derrière eux, je peux bâiller, dormir, me laisser
aller à mes propres pensées et faire ce qui me plaît. Vous ne savez
jamais ce qui se passe en moi et vous restez ainsi dans une situation
autoérotique et isolée qui ne vaut rien pour un homme moyen. Ce serait
naturellement autre chose si vous vous disposiez à une existence
d'ermite dans l'Himalaya!»
Comme dans beaucoup d'autres domaines
analytiques, sans nier les acquis freudiens, Jung a, ici aussi, élargi
le phénomène du transfert en montrant qu'il avait aussi une dimension
collective, archétypique, analyse qui s'appuie en grande partie sur les
expériences psychologiques des alchimistes. Quel n'est pas souvent
l'étonnement – quand ce n'est pas le rejet – de beaucoup de gens non
«initiés» lorsqu'ils ouvrent et feuillettent l'ouvrage de Jung La
psychologie du transfert, parce qu'ils se trouvent face à une très
érudite analyse symbolique d'une série de gravures d'un traité
alchimique (Le Rosaire des philosophes) qui décrit en fait les
différentes étapes du phénomène que les alchimistes appellent la
conjonction.
J'estime que l'analyse d'une de ces gravures est
particulièrement caractéristique de la démarche de Jung. La gravure
représente un homme et une femme nus enlacés dans une position coïtale
(la gravure s'appelle du reste: «Conjonction ou coït») et immergés dans
la mer. Jung fait remarquer le curieux assemblage dans cette image de
son érotisme frappant avec son aspect spirituel, symbolique: d'une
part, ce sont un vrai homme nu et une vraie femme nue dans un posture
coïtale; d'autre part, ce sont en même temps des personnages
symboliques, extra-ordinaires, car ils portent chacun une couronne et
sont flanqués du soleil et de la lune, annonciateurs de la conjonction
suprême. Aussi, Jung commente-t-il en disant que cette image «possède
une signification, non pornographique, mais symbolique. (…)
L'herméneutique et la méditation médiévales – poursuit-il - ont pu
contempler sans scandale, en les transfigurant par l'esprit, les
passages les plus osés du Cantique des Cantiques. (…) L'union au niveau
biologique représente l'union des opposés au sens le plus élevé.» C'est
dans cette même perspective qu'un James Hillman écrit: «L'erreur
freudienne ne se situe pas tant dans l'importance donnée à la
sexualité; plus grave est l'illusion que la sexualité se ramène à la
sexualité proprement dite, que le phallus se limite au pénis.» Il
fallut attendre un Lacan pour sortir la psychanalyse de cette illusion,
lorsqu'il a dit, entre autres choses: «Il n'y a pas de rapports
sexuels; il n'y a que des fantasmes de rapports.»
Cela nous
amène à un autre thème jungien qui a un rapport avec le transfert et
qu'on a parfois appelé la banalité de l'archétype.
On a souvent
accusé Jung d'être un mystique, un illuminé, un gnostique, un
métaphysicien, j'en passe et des meilleures; qu'il ne voyait les choses
que dans la perspective mythique, archétypique. Et il est vrai que
c'est le seul psychanalyste dont les ouvrages se retrouvent sur les
étagères des librairies «ésotériques», à côté des cartes de tarot, des
pendules et des boules de cristal. Mais je pense qu'on lui fait tort
là. Il a toujours dit qu'il n'était qu'un empirique, à savoir quelqu'un
qui n'accorde d'importance qu'à l'observation des phénomènes et à
l'expérience. Mais ce n'est pas sa faute si les phénomènes irrationnels
font partie également, depuis la nuit des temps, des phénomènes
humains. Jung a eu le tort, en quelque sorte, de les observer, de les
étudier et de les analyser en tant que phénomènes psychologiques
humains, au plus grand dam de sa crédibilité «scientifique». Comme
disait un de mes détracteurs congénères un jour, parce qu'il
n'appréciait pas mon interprétation (psychanalytique) de la réalité
croate: «Ce qui ne devrait pas exister, n'existe pas!» Très lacanien,
n'est-ce pas? Car la réalité est justement, comme disait Lacan, ce qui
se refuse à toute symbolisation. O sancta simplicitas!
Jung
était parfaitement conscient de ce que Nietzsche appelait l'humain trop
humain. Cela l'agaçait même de temps à autre. Il a ainsi envoyé une
patiente qui est venue le consulter chez une de ses élèves en lui
disant: Je vois, maintenant vous allez commencer à me parler de votre
mère, de votre père, de votre enfance et tout cela. Je vais vous
envoyer chez une de mes élèves qui se débrouille admirablement avec
cela. Après, quand vous aurez des rêves symboliques, archétypiques,
revenez chez moi! C'est sans doute pour cela que sa femme lui aurait
dit un jour: Carl Gustav, ce n'est pas vos patients que vous aimez,
c'est leurs images! Mais, finalement, il n'avait peut-être pas tort.
Car si les patients viennent, ils ont, bien sûr, l'illusion qu'ils
viennent chercher l'amour de l'analyste vis-à-vis de leur propre
personne, mais en fait, ils cherchent, sans le savoir, qu'on aime leur
âme, et l'âme ne peut s'exprimer vraiment qu'en images! James Hillman
avait dit un jour, à juste titre, je pense, que si les analystes
restent à longueur d'heures et de journées dans leurs fauteuils à
écouter les malheurs et les petites misères de leurs patients, cela ne
pouvait être qu'en vertu de la fascination qu'exerce sur eux, qui les
séduit, la beauté de l'âme humaine en souffrance, de la
psycho-patho-logie.
La banalité de l'archétype, c'est cela.
Grâce à la magie de ce «théâtre symbolique» (H. K. Fierz) qu'est
l'espace analytique (y compris la configuration du domicile du
psychanalyste!) et qui se constelle par la vertu du transfert,
n'importe quel événement de la vie quotidienne (banal ou non) du
patient, n'importe quel fait divers, est en quelque sorte transfiguré,
à savoir transposé sur cette scène symbolique où il acquiert un sens
dans la trame du destin du patient. C'est cela qui fait la différence
entre parler de l'altercation avec son chef de service avec un copain
dans un café devant un verre de bière et en parler à son analyste au
cours d'une séance d'analyse.
Bien des patients aujourd'hui
ressentent une sorte de culpabilité de s'occuper de leurs «petits»
problèmes quotidiens en analyse, alors qu'il y a des tas de gens dans
le monde qui crèvent de faim ou de maladie. Je leur réponds qu'ils
vivent dans une civilisation (qui a ses avantages, mais aussi ses
inconvénients, comme toute civilisation) et que leurs «petits»
problèmes, ainsi que ceux de leurs amis, partenaires, etc., ne sont
peut-être pas si petits que cela, puisqu'ils peuvent détruire autant
les existences que la famine, le sida, la sécheresse, etc. dans les
pays du Tiers-Monde. James Hillman (encore lui!) a critiqué dans un
texte brillant («Du miroir à la fenêtre») la relation analytique
individuelle comme foncièrement narcissique et nombriliste. Si je puis
entièrement le suivre lorsqu'il estime que la psychanalyse doit
s'ouvrir au social et surtout au politique, je ne puis le suivre quand
il décrie et dénigre désormais l'utilité de la relation analytique
individuelle. Ne serait-ce pas, peut-être, chez lui, un règlement de
comptes personnel justifiant idéologiquement son propre changement de
cap (l'arrêt de l'activité analytique)?
La banalité de
l'archétype nous protège de l'inflation. Un jour, ma femme avait dû
confectionner des masques de têtes de divers animaux pour une
représentation théâtrale dans l'école où elle travaillait comme
professeur d'arts plastiques. Après la représentation, elle avait
récupéré les masques et m'avait demandé d'en choisir un pour mon
bureau. J'ai choisi… l'âne! Et je l'ai installé – sans y prendre garde,
car à la recherche d'un espace libre sur mon mur – au dessus des
photographies de Starcevic (un penseur croate romantique), de Jung et
de Toni Frey, mon maître zurichois. C'est lorsqu'un patient m'avait
fait remarquer la chose, que je me suis rappelé une anecdote sur Jung.
À un journaliste, qui lui demandait pourquoi il avait installé une
reproduction du buste de Voltaire de Fernay, avec son sourire
sardonique, dans la salle d'attente, Jung avait répondu: «Pour que mes
patients ne me prennent pas trop au sérieux!» Mon âne avait
manifestement la même fonction de dérision vis-à-vis de mon savoir.
Dans
la relation transférentielle, le patient (la patiente) et l'analyste
sont de simples mortels, avec leurs soucis quotidiens, leurs petites
mesquineries, leurs problèmes familiaux, conjugaux, professionnels,
bref, leurs banalités navrantes. Mais en vertu de la dimension
symbolique (métaphorique, archétypique) de leur relation, ils sont
aussi roi et reine ou roi et prince héritier, protagonistes d'un drame
qui tend à la transfiguration de cette banalité, à lui conférer un sens
dans la trame du destin de chacun des partenaires, patient(e) comme
analyste, de ladite relation. Les problèmes commencent à partir du
moment où l'un des protagonistes (ou les deux: cela arrive peut-être
encore plus souvent aux analystes!) se prennent pour… ce qu'ils ne sont
fatalement pas. Observez les malades mentaux dans les hôpitaux
psychiatriques: il n'est guère de personnages plus tragiques: c'est
comme s'ils se prenaient pour des dieux ou des héros d'on ne sait quel
drame sublime. Un vieux proverbe romain dit: Quem deus vult perdere,
primum dementat! (Celui qu'un dieu veut perdre, il le rend d'abord
fou.) Est-ce pour cette raison que Jung disait aussi: «Tant qu'il y a
de l'humour, il y a de l'espoir!»? Un ami et ancien élève, devenu
philologue classique, m'a expliqué un jour que la fameuse inscription –
Gnôti séautòn (connais-toi toi-même) – au-dessus de l'antre de la
Pythie de Delphes, et dont l'invention est souvent erronément attribuée
à Socrate, signifie en fait: reconnais-toi comme mortel et pas comme un
dieu. L'inspiration comique, à la différence de l'inspiration tragique,
nous rappelle toujours cette vérité, nous rappelle nos limites, notre
condition humaine – trop humaine. Comme disait Nietzsche: «Le
bas-ventre est cause que l'homme ait quelque peine à se prendre pour un
dieu.» Affirmation éminemment freudienne! Ou faudrait-il dire plutôt
que Freud était éminemment nietzschéen?
Et je terminerai ce
petit texte en rappelant la parole d'un grand penseur américain, esprit
universel s'il en est encore et un des fondateurs de la thérapie
systémique (dite aussi familiale). Dans une préface à l'ouvrage
autobiographique de son ami Joseph B. Wheelwright, analyste jungien et
fondateur de l'école jungienne aux États-Unis, Gregory Bateson écrit:
«Je ne sais si Jo se cache derrière un flux perpétuel d'humour ou si
l'humour est réellement une sorte d'émergence de la théorie jungienne,
une pointe d'iceberg peut-être? C'est certes souvent une interruption,
mais si j'examine, lorsque j'ai été interrompu, ce que j'aurais dit si
je n'avais pas été interrompu, je trouve que cela aurait été un peu
lourd, un peu épais, un peu intellectuel. Le problème avec Jo – et je
soupçonne que c'est aussi vrai dans le cabinet de consultation – c'est
qu'il est plus rapide que les névroses de ses patients. Ils étaient
justement prêts à se conduire symptômatiquement lorsqu'ils
s'aperçoivent que le bureau de consultation est envahi par les sons
d'un bastringue et par une vieille chanson grivoise. Je pense que cela
doit avoir pour effet de perturber chez le patient le contexte de la
formation d'une nouvelle absurdité avant qu'elle ne s'énonce, mais je
soupçonne que cela puisse être thérapeutique. Nous ne savons pas
grand-chose sur l'humour. Un peu sans doute sur le mot d'esprit
(Freud)… Il y a dans le vrai humour quelque chose de plus que
l'hostilité, et ce quelque chose est un baume pour l'âme humaine. »
Antoine PINTEROVIC'
